Micro-entrepreneur consultant une déclaration administrative sur son ordinateur, avec un carnet de recettes et une calculatrice sur son bureau.
02/11/2026

Déclaration de chiffre d’affaires en micro-entreprise : le mode d’emploi

Comprendre ses droits de salarié et de travailleur indépendant

Une obligation régulière, même sans chiffre d’affaires

Le micro-entrepreneur doit déclarer son chiffre d’affaires à l’Urssaf, qu’il ait réalisé des recettes ou non. La déclaration permet de calculer les cotisations sociales dues au titre de l’activité indépendante. Elle doit être effectuée en ligne, depuis l’espace personnel du site autoentrepreneur.urssaf.fr.

Lors de la création de l’activité, le travailleur indépendant choisit une périodicité : mensuelle ou trimestrielle. Ce choix est généralement conservé pour l’année civile et peut être modifié dans les conditions prévues par l’Urssaf. En l’absence de recettes, il faut déposer une déclaration à zéro, souvent appelée déclaration « Néant ».

Quel chiffre d’affaires faut-il déclarer ?

Le montant à déclarer correspond aux sommes effectivement encaissées pendant la période concernée, et non aux factures simplement émises. Une facture envoyée en mars mais payée en avril sera donc prise en compte dans la déclaration d’avril, pour une déclaration mensuelle.

Le chiffre d’affaires doit être indiqué hors taxes et arrondi à l’euro le plus proche. Le régime micro ne permet pas de déduire les dépenses professionnelles : achat de matériel, carburant, loyer, sous-traitance ou frais de déplacement ne diminuent pas l’assiette des cotisations. Il faut également distinguer les recettes selon la nature de l’activité lorsque l’entreprise exerce plusieurs activités.

Ne sont notamment pas inclus dans le chiffre d’affaires les remboursements de débours correctement justifiés, ni certaines sommes qui ne constituent pas une recette professionnelle. En revanche, les commissions et honoraires perçus pour le compte du micro-entrepreneur doivent être déclarés.

Quand effectuer la déclaration et le paiement ?

La déclaration mensuelle est normalement à effectuer au plus tard le dernier jour du mois suivant celui au cours duquel les recettes ont été encaissées. Pour une périodicité trimestrielle, l’échéance intervient à la fin du mois suivant le trimestre concerné. La première déclaration n’est pas immédiate : un délai minimal s’applique après le début officiel de l’activité.

Le calendrier exact apparaît dans l’espace Urssaf. Il est préférable de ne pas attendre la dernière journée, notamment en cas de problème de connexion ou de prélèvement. Le paiement est réalisé en ligne, par prélèvement ou par télépaiement selon les options disponibles. Une déclaration tardive ou oubliée peut entraîner des pénalités et une majoration, même lorsque le chiffre d’affaires est nul.

Comment sont calculées les cotisations sociales ?

Les cotisations sont calculées en appliquant un pourcentage au chiffre d’affaires déclaré. À titre indicatif, pour les taux généralement applicables en métropole en 2025, le régime micro-social prévoit notamment :
  • 12,3 % pour les activités de vente de marchandises et certaines activités d’hébergement ;
  • 21,2 % pour les prestations de services relevant des bénéfices industriels et commerciaux ;
  • 24,6 % pour les activités libérales non réglementées relevant des bénéfices non commerciaux.
Les taux peuvent varier selon l’activité, le régime de retraite, la localisation et les évolutions réglementaires. Il faut donc vérifier le taux affiché dans son espace Urssaf ou sur la page officielle consacrée au micro-entrepreneur.

Ces cotisations financent notamment la maladie-maternité, les indemnités journalières dans certaines conditions, la retraite, les allocations familiales et la contribution à la formation professionnelle. Elles ne correspondent pas à l’impôt sur le revenu : ces deux prélèvements doivent être distingués.

Impôt sur le revenu, formation et CFE : les autres sommes à anticiper

Le micro-entrepreneur peut être imposé à l’impôt sur le revenu selon le régime classique, après application d’un abattement forfaitaire pour frais professionnels. Il peut aussi, sous conditions de revenu fiscal de référence, opter pour le versement libératoire. Dans ce cas, l’impôt est payé en même temps que les cotisations, selon un pourcentage du chiffre d’affaires : notamment 1 % pour la vente, 1,7 % pour les services commerciaux ou artisanaux et 2,2 % pour les activités libérales non commerciales.

Une contribution à la formation professionnelle est également prélevée avec les cotisations, à un taux qui dépend de l’activité. Elle peut permettre, sous conditions, de financer des formations.

La cotisation foncière des entreprises (CFE) est distincte des cotisations sociales. Elle n’est en principe pas due au titre de l’année de création, puis peut être exigée les années suivantes. Les entreprises dont le chiffre d’affaires ou les recettes ne dépassent pas 5 000 euros bénéficient d’une exonération de CFE, sous réserve des règles applicables à leur situation.

Les erreurs fréquentes à éviter

Pour sécuriser sa déclaration, il est utile de conserver un livre des recettes et, lorsque l’activité le nécessite, un registre des achats. Les principales erreurs sont les suivantes :
  • déclarer les factures émises au lieu des sommes réellement encaissées ;
  • déduire ses frais professionnels du chiffre d’affaires ;
  • oublier de déclarer une période sans recettes ;
  • confondre chiffre d’affaires hors taxes et montant toutes taxes comprises lorsque la TVA est applicable ;
  • utiliser le mauvais taux en cas d’activité mixte ;
  • ne pas mettre de côté la somme nécessaire au paiement des cotisations.
Une comptabilité simplifiée ne signifie pas l’absence de suivi. Un tableau mensuel indiquant les dates d’encaissement, les clients, les montants et la nature des prestations permet de limiter les régularisations.

FAQ : les questions courantes sur la déclaration Urssaf

Dois-je déclarer 0 euro si je n’ai rien encaissé ?

Oui. La déclaration reste obligatoire même en l’absence de chiffre d’affaires. Aucune cotisation proportionnelle n’est alors calculée, sauf situations particulières ou cotisations minimales prévues par un autre régime.

Puis-je modifier une déclaration déjà envoyée ?

En cas d’erreur, il faut consulter son espace Urssaf et contacter l’organisme afin de connaître la procédure de correction. Il est préférable de rectifier rapidement plutôt que d’attendre une demande de justificatifs.

Que se passe-t-il si je ne paie pas à l’échéance ?

Une déclaration ou un paiement tardif peut entraîner une majoration et des pénalités. Si une difficulté de trésorerie survient, il faut contacter l’Urssaf sans attendre afin d’étudier les solutions possibles.

Les cotisations sont-elles calculées sur le bénéfice ?

Non. En micro-entreprise, elles sont calculées sur le chiffre d’affaires encaissé, sans déduction des charges réelles. C’est un point essentiel à prendre en compte avant de fixer ses tarifs.